Anne-Marie Ollivier-Henry

Aussi loin que je m'en souvienne, les vieilles pierres, les vieux objets délaissés, oubliés, abandonnés, exclus, m'ont irrésistiblement attirée, interpellée : traces, stries, blessures, lente transformation de la matière sont les témoins de leur histoire, de leur passé, mémoire du temps. Sédimentation, stratification, érosion, fossilisation, lente élaboration du minéral au service de laquelle se trouvent le végétal et l'animal, emprisonnant parfois des traces de l'activité humaine.
Depuis près de 20 ans, je recherche une analogie avec ce lent processus à travers la refabrication du papier qui devient pour mon travail, à la fois support et oeuvre. Les pigments ocre, terre rouge, terre de sienne, terre verte qui entrent dans la chromatisation rappellent notre appartenance à la terre.

Citons Yvon Le Joncour : "Que voyons-nous ici, sinon la présence tactile corporelle de surfaces plissées, ridées, boucanées, momifiées d'antiques peaux appelant le respect ? Que sentons-nous sinon ces stigmates du temps sédimenté en évènements cicatriciels, signatures données à voir comme autobiographies de mystérieux parchemins ?"

papier marouflé sur toile
voile
vision cadrée
Laisse de mer
arcade romane d'église,
Sanctuaire
vision cadrée
fusion
bord de mer
Gwin Zegal
vision cadrée
tabatière 5
vision cadrée
Sans fil
vision cadrée
dentelle, nu allongé